N44: Dimanche 18 Mars
MANUSCRIT N°44
C'était le lendemain de...
Adulte
DIMANCHE 18 MARS
Ah, merde, grogna-t-il, furieux d’être extirpé de son sommeil, il eut le temps
de voir l’heure affichée sur le radio-réveil, il était 5 heures du matin.
Il tâtonna pour accéder à son portable qui vibrait sur sa table de nuit en
faisant bouger son radio-réveil qui faillit tomber au sol, les yeux à peine
entrouverts, à moitié endormi David porta l’appareil à son oreille en
maugréant.
- David ! Réveille-toi et regarde l’écran de ton téléphone lui intima son ami
Max
- Quoi ? Mais que se passe-t-il lui demanda David encore dans le cirage, il
avait toujours du mal à émerger le matin en règle générale d’autant plus qu’ils
avaient copieusement arrosés l’anniversaire d’une copine durant la nuit
précédente. Il retourna son poste et le mit face à son visage.
- Ben quoi Max ? Dit-il je ne vois rien, écoute si c’est une blague elle est plutôt
merdique.
- Mais regarde bien insista Max tu ne vois donc pas l’inscription, tu es encore
autant bourré qu’hier soir ?
David retourna à nouveau son smartphone et aperçut deux mots ‘’JE
VIENDRAIS’’ écrits en majuscules en plein milieu de l’écran.
- Ouais bon ! Et alors qu’est-ce que ça veut dire ? Qui est-ce qui va venir ? Ça
sent la blague à plein nez.
- Bon ! Dit Max vu l’état dans lequel tu es, rappelle-moi dès que tu auras pris
une bonne douche bien fraîche et un bon café bien fort.
- Voilà enfin une bonne décision dit David en baillant, il ne prit même pas la
peine de reposer son téléphone sur sa table de chevet et le laissa tomber
sur la moquette. Sa tête allait exploser, la fiesta d’hier soir samedi s’était
terminée dimanche vers 3 heures du matin et les deux heures de sommeil
ne suffisaient pas à le faire émerger de son nuage éthylique.
- Malgré l’alcool qu’il avait absorbé, il ne parvenait pas à retrouver un
sommeil profond. Il ne sut combien de temps était passé, après quelques
minutes son téléphone se remit à vibrer, Il le chercha sur sa table de nuit en
passant sa main un peu au hasard, il ne rencontra que le radio-réveil en le
regardant, il s’aperçut qu’il était 9 heures, il se retourna du côté d’où venait
le bruit de la sonnerie et ramassa le poste toujours sans regarder l’écran il répondit :
- Oui ! Allô
- Bonjour mon chéri c’est maman ! ne me dit pas que tu dors encore ?
- Non ! Non, mais enfin oui, encore un peu je viens de me réveiller.
- Bon, alors écoute mon chéri tu m’as laissé un message sur mon téléphone
‘’JE VIENDRAIS’’ mais tu ne me dis pas à quelle heure si c’est pour déjeuner
pas de problème nous t’attendons papa et moi.
- Mais c’est quoi cette histoire de ‘’JE VIENDRAIS’’ ? Je ne t’ai pas envoyé de
message ! Ça ressemble à une blague de Maxo.
- Ah ! mais si, sur mon téléphone j’ai bien lu je viendrais. Dit-elle d’une voix un
peu éraillée mais sûre d’elle.
- Bon écoute Mam, je passerai vous voir vers 13 heures papa et toi.
Il retourna son poste et aperçut le message ‘’JE VIENDRAIS’’ dont lui avait
parlé Max. Il le rappela, tout en se levant, il se dirigea vers la cuisine et
prépara un expresso bien fort
- Ah ! Salut David tu es réveillé? Tu as les yeux en face des trous ? alors
allume ta télé ou ta radio tu vas voir et entendre quelque chose hors du
commun.
Il se dirigea vers la télécommande de la télé, effectivement toutes les chaines
parlaient de la même chose.
- Un message est apparu depuis cette nuit sur tous les écrans de
smartphones et de téléphones portables, quelle que soit la marque ou
l’ancienneté de l’appareil, et le présentateur lut à l’antenne une feuille qu’un
assistant lui tendait.
- Cet événement semble être international car l’inscription apparaît dans tous
les pays d’Europe et probablement du monde.
David reprit son poste et machinalement il essaya d’effacer les deux mots
mais le texte ne partait pas, il demanda à Max s’il avait une quelconque
explication à ce phénomène ?
- Rien du tout de nombreuses personnes avaient essayé de l’effacer sans
succès.
Je crois que les types qui ont fait ça sont extrêmement forts. Et tu sais, le
message est écrit en français sur tous les postes même ceux qui n’ont pas de
caractères latins.
Max Azoulay et David Cohen sont des amis d’enfance, mais vraiment
d’enfance, ils se sont connus au jardin d’enfant de l’école de la rue Bignon à
Paris dans le douzième arrondissement. Ils ne se sont jamais quittés. Les
Azoulay et les Cohen sont des voisins, ils habitent dans l’avenue Daumesnil à
Paris et sont originaires de Tunisie, si leurs enfants respectifs, Max et David
ont atteint un niveau d’étude plus que supérieur, eux en sont restés au
certificat d’études primaires. En effet Max est ingénieur en télécommunication
et David aussi. Ils sont tous les deux issus de l’école Polytechnique de
Palaiseau et travaillent depuis peu de temps dans une société d’informatique;
Leurs parents respectifs avaient ouvert un magasin de vêtement dans le
sentier et gagnaient confortablement leur vie.
David, est physiquement l’inverse de Max. Il est plutôt grand un mètre quatrevingts et Max atteint difficilement le mètre soixante. David est blond avec des
yeux bleus, Max est brun avec des yeux noirs leur seul point commun, ils sont
aussi intelligents l’un que l’autre.
Pour David ce ‘’JE VIENDRAIS’’ commence à devenir une énigme, comment
est-il possible d’accéder à des millions d’écrans en même temps ? Qui a pu
atteindre une telle capacité technologique ? Il pensa immédiatement aux
conséquences militaires et sécuritaires.
Il sirotait tranquillement son café, tout en pianotant sur son PC quand son
téléphone sonna :
- Salut David lui dit Kevin, le patron du service recherche et développement
son collègue de travail, tu y comprends quelque chose ?
- Pour le moment rien du tout, nada, sais-tu si des réseaux ont bougés, ou
sont endommagés ?
- Non, je suis au Labo et rien absolument rien, tout se passe normalement.
Même sur le ‘’Boeing Black’’ que nous possédons l’inscription apparaît,
pourtant tu sais bien qu’en cas d’intrusion il détruit son contenu. Mais à mon
avis cela ne va pas durer, il faut s’attendre à un bouchon sévère d’ici peu. J’ai
activé les deux logiciels de localisation, ils sont en train de ramer
misérablement.
J’ai appelé Steve, tu sais notre correspondant à Washington et bien chez eux
c’est pareil et il me signale que c’est un peu la panique à la NSA. J’ai reçu
des appels d’amis de Saint Pétersbourg, de Londres, de Johannesburg et on
sent bien que ce n’est pas encore l’affolement mais c’est déjà l’inquiétude. En
revanche tout le monde me demande pourquoi le message s’inscrit en
français?
10h30. Ce qui devait arriver, immanquablement arriva, les réseaux
téléphoniques commencèrent à subir un embouteillage gigantesque. Le
spectre magnétique déjà bien utilisé par la télévision, la radio, les bandes de
fréquence de l’armée et la police était bien encombrés.
L’affaire atteint des proportions importantes. Les autorités concernées
commencent à s’affoler. Comment ? Qui est parvenu à pénétrer des réseaux
aussi sécurisés ? Quelles mesures faut-il prendre ? Toutes ces questions
restent sans réponses. Qui plus est, dans le tumulte naissant, les
communications téléphoniques deviennent très difficiles.
-12 h Cédant à la panique en raison de l’incompréhension générale, les
autorités des télécommunications en France font diffuser un premier appel
par le biais de la télévision visant à calmer les esprits signalant que malgré le
message affiché rien n’est modifié tout le système de communication en
France reste plus que normal. Ils affirment néanmoins ne pas en connaitre
l’origine.
Très rapidement les réseaux sociaux s’emparent de la nouvelle et les
informations les plus loufoques commencent à être diffusées. Parmi elles
David en note une pas si loufoque : le ‘’JE VIENDRAIS’’ est écrit avec un S,
au conditionnel, donc si c’est quelqu’un qui annonce sa venue c’est sous
conditions. Cependant de nombreux réseaux précisent que c’est un hacker
français qui est la cause de ce problème, sans la moindre preuve, et
demandent aux autorités d’intervenir le plus rapidement possible, uniquement
parce qu’il est écrit en français.
- Gilles Heslot
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